La facture électronique arrive (très vite) dans le quotidien des artisans du bâtiment. Que vous soyez plombier, électricien, maçon ou chauffagiste, cette évolution va transformer la manière dont vous émettez et transmettez vos factures. Et forcément, elle soulève beaucoup de questions : par où commencer ? Quels formats utiliser ? Quelle est la procédure d’envoi d’une facture électronique ? Est-ce compliqué à mettre en place quand on est seul ou à la tête d’une petite entreprise ?
Bonne nouvelle : envoyer une facture électronique dans le BTP n’est pas réservé aux grandes entreprises ni aux experts en informatique. Avec les bons outils et une méthode claire, cela peut même vous faire gagner du temps au quotidien. Dans cet article, on vous explique tout, simplement, en allant à l’essentiel.
La facture électronique dans le BTP : de quoi parle-t-on vraiment ?
Avant d’entrer dans le concret, remettons les choses au clair. Une facture électronique n’est pas un simple PDF envoyé par email. Il s’agit d’une facture émise dans un format structuré, lisible à la fois par l’humain et par les systèmes informatiques de l’administration fiscale.
Dans le secteur du BTP, la facture électronique s’inscrit dans une réforme nationale qui vise à :
- lutter contre la fraude à la TVA,
- automatiser les contrôles,
- simplifier les échanges entre entreprises.
Concrètement, cela signifie que les factures électroniques doivent être émises et transmises via des acteurs intermédiaires agréés, selon des formats bien précis. Il est important de le préciser : les factures ne sont pas envoyées directement via le Portail Public de Facturation (PPF).
Depuis octobre 2024, l’émission et la transmission des factures électroniques entre clients professionnels se font exclusivement par des Plateformes Agréées (PA, ex-PDP) ou par des logiciels de facturation connectés à ces plateformes. Le PPF, quant à lui, joue uniquement un rôle de réception et de transmission des données vers l’administration fiscale, et non d’émission directe des factures.
Pour les artisans, l’enjeu est double : être en conformité avec la réglementation, tout en conservant une gestion simple et efficace de la facturation, même sur les chantiers.
La procédure d’envoi d’une facture électronique : étape par étape
La procédure d’envoi de facture électronique peut sembler intimidante au premier abord, mais en réalité, elle suit une logique assez fluide. Voici comment cela se passe dans la pratique.
Tout commence par la création de la facture. Les mentions obligatoires restent globalement les mêmes que pour une facture classique : identité de l’entreprise, coordonnées du client, description des travaux réalisés, montants HT et TTC, TVA, conditions de paiement, etc. Dans le BTP, il faut bien sûr rester vigilant sur les spécificités comme la TVA sur encaissement, les acomptes ou les retenues de garantie.
Une fois la facture créée, elle doit être générée dans un format électronique accepté par l’administration. Ce n’est qu’à partir de là qu’elle peut être transmise via une Plateforme Agréée, directement ou par l’intermédiaire d’un logiciel de facturation connecté. L’artisan n’envoie donc plus sa facture manuellement à son client : la transmission est encadrée, sécurisée et tracée.
Enfin, la facture est réceptionnée par le client dans son propre système, tandis que les données nécessaires sont automatiquement transmises à l’administration fiscale par le circuit réglementaire. Résultat : moins de ressaisies, moins d’erreurs, et une meilleure traçabilité.
Les formats acceptés pour les factures BTP
C’est l’un des points clés de la réforme : tous les formats ne seront pas autorisés. Dans le cadre de la facturation électronique, seuls certains formats acceptés de facture BTP peuvent être utilisés.
Aujourd’hui, trois grandes familles de formats sont reconnues :
- les formats structurés (comme l’UBL ou le CII),
- le format mixte Factur-X,
- et certains formats normalisés utilisés dans des échanges professionnels spécifiques.
Pour les artisans du bâtiment, le format Factur-X est clairement le plus accessible. Il s’agit d’un fichier PDF classique, lisible et archivable comme d’habitude, mais qui contient également des données structurées intégrées. Ces données ne sont pas visibles à l’écran, mais elles sont parfaitement exploitables par les systèmes informatiques et par l’administration.
C’est pour cette raison que la génération de facture au format Factur-X est aujourd’hui privilégiée par de nombreux éditeurs de logiciels à destination des artisans du BTP : elle permet de rester conforme sans bouleverser les habitudes.
Générer et transmettre ses factures sans se compliquer la vie
La vraie question que se posent beaucoup d’artisans est simple : comment mettre en place la facture électronique sans passer des heures sur l’administratif ? La réponse tient en grande partie dans l’automatisation.
Avec un outil de facturation adapté au BTP, la génération des factures au bon format peut se faire automatiquement. L’artisan crée sa facture comme il le fait aujourd’hui, et le logiciel se charge de produire un fichier conforme, par exemple en Factur-X.
Ensuite, la transmission automatique des factures prend le relais. La facture est envoyée via une Plateforme Agréée, au bon destinataire, avec les bonnes données, sans manipulation technique particulière. L’artisan peut suivre les statuts (émise, transmise, rejetée, payée) sans multiplier les actions manuelles.
C’est dans cette logique que s’inscrivent des solutions de facturation conçues pour les artisans du bâtiment, comme Tolteck, qui intègrent progressivement la facturation électronique dans un environnement déjà familier : devis, factures, acomptes, situations de travaux… tout reste centralisé.
Les bénéfices concrets pour les artisans du bâtiment
Au-delà de l’obligation réglementaire, la facture électronique apporte de réels bénéfices au quotidien. Le premier est le gain de temps. Moins de saisie, moins d’envois manuels, moins de suivi administratif chronophage.
Elle permet aussi de réduire les erreurs. Les données étant structurées, les risques d’oubli, d’incohérence ou de non-conformité diminuent fortement. Cela limite les litiges avec les clients et les retards de paiement.
La facture électronique améliore également la visibilité sur la trésorerie. Les statuts des factures sont plus clairs et plus fiables : envoyée, reçue, rejetée, payée. L’artisan sait précisément où il en est, sans relances inutiles.
Enfin, c’est un vrai levier de professionnalisation. Pour les artisans qui travaillent avec des entreprises ou des collectivités, être capable d’émettre des factures électroniques conformes devient un prérequis, voire un avantage concurrentiel.
Anticiper la facturation électronique pour travailler sereinement
La facturation électronique n’est pas une option ni une tendance passagère. Elle va s’imposer progressivement à l’ensemble des entreprises du BTP, quelle que soit leur taille. Attendre le dernier moment risque de transformer cette évolution en contrainte subie.
À l’inverse, anticiper permet de choisir les bons outils, de se familiariser avec la procédure d’envoi d’une facture électronique et de comprendre les formats acceptés, sans pression. En s’appuyant sur des solutions qui gèrent la transmission automatique, les artisans peuvent aborder cette réforme avec sérénité.
L’objectif reste le même : passer moins de temps sur l’administratif et plus de temps sur les chantiers. Bien préparée, la facture électronique peut clairement aller dans ce sens.
En résumé : envoyer une facture électronique dans le BTP repose sur trois piliers simples : générer la facture dans un format accepté comme le Factur-X, suivre une procédure d’envoi conforme via une Plateforme Agréée, et s’appuyer sur la transmission automatique pour gagner du temps. Avec les bons outils, cette évolution devient une opportunité plutôt qu’une contrainte.



